ANATOMIE D'UN SCANDALE
BIENVENUE AU SEXOLITIQUE!
23 avril 2022

Thriller psychologique et drame judiciaire, la série Anatomie d’un scandale dissèque une affaire qui éclabousse un député conservateur britannique accusé de viol. Son procès retentissant provoque la dégringolade de cet homme privilégié et met à rude épreuve son couple.

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Tiré du best-seller de Sarah Vaughan sorti en 2019, Anatomie d’un scandale est disponible sur Netflix depuis le 15 avril et se positionne déjà comme l’une des séries les plus populaires du moment.

Créée par David E. Kelley (Big Little Lies) et Melissa James Gibson (House of Cards), cette mini-série de six épisodes raconte la vie d’un couple de l’élite britannique qui va connaître une descente aux enfers au moment où Sophie Whitehouse apprend que son mari James, un homme politique en vue du parti conservateur, a eu une liaison avec une assistante parlementaire.

La nouvelle devient publique, contraignant Sophie à faire face aux conséquences des décisions désastreuses de son mari pour protéger sa vie et celle de ses enfants face à la presse et au qu’en-dira-t-on. Et cela empire lorsque James est accusé de viol par son ex-maîtresse et finalement jugé.

Mensonges et secrets, scandales et vies bouleversées sont certes des ingrédients qui fonctionnent bien dans les fictions, mais cela peut donner l’impression d’une histoire que l’on a déjà vue, lue et entendue à de nombreuses reprises. La série “Anatomie d’un scandale” réussit néanmoins à happer les spectateurs et spectatrices grâce à un scénario qui ne ménage pas les surprises.

Michelle Dockery (Kate Woodcroft) / Netflix

Trois personnages féminins complexes

Autour de James Whitehouse, trois femmes s’opposent. L’épouse, d’abord, qui pardonne le faux pas conjugal du mari et n’arrive pas à concevoir qu’il puisse être un violeur. La maîtresse qui, malgré la rupture d’avec son amant et les restes de sentiment amoureux qu’il lui inspire encore, défend sa vérité. Et finalement l’avocate de l’accusation, une femme brillante, qui vit pour son travail et qui voit dans cette affaire un bénéfice d’image important susceptible de valoriser puissamment sa carrière, à condition bien sûr que James Whitehouse soit condamné à la fin de la procédure. Ces trois personnages féminins complexes, respectivement interprétés par Sienna Miller (American Sniper), Naomi Scott (Charlie’s Angels) et Michelle Dockery (Downton Abbey), emmènent spectatrices et spectateurs dans leurs vérités et leur renvoient leurs doutes, leurs questionnements, leurs visions qui, malgré des motivations divergentes, sont fondées sur un socle moral commun, notamment en ce qui concerne la notion de consentement. Une vision que prétend aussi partager James Whitehouse, présumé violeur interprété par Rupert Friend (Homeland).

Rupert Friend (James Whitehouse) / Netflix

Une classe privilégiée, mais pas impunie

Et puis, il y a les aspects politique et sociétal. James Whitehouse est un député conservateur très proche du Premier ministre. Ils se sont connus alors qu’ils faisaient leurs études à l’université d’Oxford. Et, à l’époque, ils avaient déjà eu des comportements inacceptables au sein d’une société d’étudiants appelée “Les Libertines”.

Un beau monde issu de l’élite de la société britannique qui pense pouvoir agir en toute impunité et dormir d’un sommeil plein de rêves agréables. Jusqu’au moment où le plus noir des cauchemars les rattrape.

Anatomie d’un scandale a été pensée comme une fiction anthologique avec une histoire différente pour chaque saison. Une deuxième saison n’est toutefois pas encore confirmée.

Version web: Andréanne Quartier-la-Tente

Bande-annonce (VF)

Sur Netflix  • 6 épisodes

Déconseillé aux moins de 16 ans