MENSONGES
VÉRITÉ CONTRE VÉRITÉ
4 septembre 2021

RTS 1 diffuse en primeur Mensonges, série de TF1 très attendue pour cette rentrée. L’occasion, après HPI, de retrouver Audrey Fleurot dans un rôle et une ambiance très différent·e·s, avec toujours autant de talent.

Ecouter la chronique (5’27”)

Pourquoi mentir?

Pour accuser et se défendre après une agression, en l’occurrence un viol. D’un coté Thomas Villeneuve (Arnaud Ducret), chirurgien cardiaque réputé, de l’autre Jeanne Sarlat (Audrey Fleurot), professeure de philosophie au lycée, qui compte notamment parmi ses élèves Lucas Villeneuve (Jean-Stan du Pac), fils de Thomas. Un matin que papa amène fiston au bahut, le chirurgien bouscule la professeure et boum, on sent qu’il se passe un truc entre les deux. Invitation au restaurant, dîner romantique tout en retenue parce que Jeanne sort d’une rupture et que Thomas est veuf. Mais ça n’empêche pas le dernier verre! Le lendemain matin, Jeanne se réveille complètement à poil dans son lit et ne se souvient de rien de la nuit passée. Pourtant, elle ne dort jamais nue! Pour elle, il n’y a aucun doute: elle a été droguée d’abord, violée ensuite. Elle se rend au commissariat pour déposer plainte et accuser Thomas. Le chirurgien est complètement abasourdi et clame son innocence.

Jeanne Sarlat (Audrey Fleurot) et Thomas Villeneuve (Aranaud Ducret) / RTS – Philippe Warrin TF1

Cékiki ment?

Les scénaristes jouent avec nos nerfs pendant un bon bout de temps: les arguments de Jeanne comme ceux de Thomas tiennent parfaitement la route. On ne sait pas lequel des deux ment, ni ce qui pousse l’une ou l’autre à mentir. Quelles motivations, quel agenda caché? Les spectateur·trice·s échafaudent alors des théories, prennent évidemment parti en se fondant sur ce qu’ielles voient et comprennent. Bien sûr, les avis tranchés se s’écroulent dans les minutes qui suivent en fonction des nouveaux éléments qui apparaissent. Puis arrive un moment où il n’y a plus guère de doute…

Jeanne Sarlat (Audrey Fleurot) / RTS – Philippe Warrin TF1

Que valent les mots?

Mensonges s’intéresse à la valeur de la parole. Qu’on soit Monsieur ou Madame tout le monde, inspecteur·trice de police, hommes ou femmes de loi, comment évalue-t-on la parole d’une prof de philo face à celle d’un chirurgien, la parole d’une citoyenne lambda face à celle d’un notable, la parole d’une femme face à celle d’un homme? Les scénaristes (Alexandra Julhiet et Laurent Vignon) font preuve d’intelligence et de sensibilité. Par exemple les flics. Le binôme qui enquête est composé d’une inspectrice et d’un inspecteur dont leurs genres dictent parfois le point de vue, sans adhérer jamais au cliché « gros macho contre féministe enragée », l’intelligence est au rendez-vous, le respect de l’autre prime, toujours au service de l’enquête, avec cette difficulté supplémentaire que les scénaristes se sont imposée, une inspectrice enceinte, d’où la tentation de répliques sur le mode « c’est tes hormones qui parlent », là encore traitées avec beaucoup de finesse.

Jeanne Sarlat (Audrey Fleurot) et Lucas Villeneuve (Jean-Stan du Pac) / RTS – Philippe Warrin TF1

Impression de déjà-vu

Cette histoire vous rappelle quelque chose? Probablement parce que vous avez vu une autre série que la RTS a diffusée fin 2017, intitulée Liar : la nuit du mensonge. La série Mensonges de TF1 est une adaptation de cette série anglo-américaine et dont la version française est une réussite, car sans d’excellentes actrices et comédiens pour défendre le scénario, ce serait peine perdue. La distribution est parfaite, à commencer bien sûr par les têtes d’affiche. Juste un petit bémol à propos de la fin de l’histoire, qui se complaît un peu dans le happy end et le bonheur à tous les étages, sauf au sous-sol où rôdait le mal…

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Sur PlayRTS • 8 épisodes en cours de diffusion

Déconseillé aux moins de 10 ans