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THE COMEY RULE | Les séries de Pascal Bernheim
THE COMEY RULE
MAKE DEMOCRACY GREAT AGAIN
7 novembre 2020

The Comey Rule, mini-série américaine de Showtime disponible sur Canal+ nous baigne dans l’histoire très récente des Etats-Unis d’Amérique. Adaptée et réalisée par le scénariste Billy Ray à partir du livre Mensonges et Vérités, Une loyauté à toute épreuve, de James Comey, directeur du FBI qui, bien que républicain, a été nommé par Barack Obama en septembre 2013 et viré par Donald Trump en mai 2017. The Comey Rule nous éclaire sur les méthodes du «menteur invétéré au comportement mafieux» qui occupait le bureau ovale de la Maison-Blanche.

Ecouter la chronique (6’39”)

Donald Trump (Brendan Gleeson) / Showtime

Si les étiquettes politiques américaines nous apparaissent aujourd’hui d’une vacuité insondable, c’est ailleurs qu’il faut chercher ce qui caractérise principalement James Comey. Ses qualités de patriote dont la vertu cardinale de sa mission à la tête du Bureau était de protéger les citoyennes et les citoyens d’Amérique, tout en se refusant à quelle que collusion partisane que ce soit, définissent « la loi de Comey (« the Comey rule »), une règle de conduite qui va lui valoir d’être honni d’abord par les Démocrates, puis par les Républicains.

Vérité

Il faut d’une part connaître un peu les institutions américaines et d’autre part les enquêtes qui ont pourri la carrière et la vie de Comey à la tête du FBI pour goûter pleinement cette mini-série. Tout commence pendant l’été 2015, le FBI ouvre une enquête sur Hillary Clinton pour l’utilisation d’une adresse de courriel privée alors qu’elle occupe le poste de Secretary of State, équivalent de Ministre des Affaires étrangères, au lieu d’utiliser son adresse gouvernementale qui transite par des serveurs hautement sécurisés. L’enquête va conclure qu’Hillary Clinton est fautive de négligence sans intention manifeste d’affaiblir la sécurité de l’Etat. Un an plus tard, l’enquête est close et James Comey décide de communiquer lui-même le résultat de cette enquête, sans passer, comme le veut l’usage, par le Ministère de la Justice : il estime en effet que la ministre de la Justice, Loretta Lynch, étant une proche des Clinton, le FBI pourrait être accusé de partialité. Les Démocrates commencent alors à regarder James Comey de travers avant de lui déclarer une guerre ouverte quelques semaines plus tard, en octobre, quinze jours avant l’élection présidentielle, lorsque Comey rouvre l’enquête suite à la découverte d’autres e-mails.

The Comey Rule - Jeff Daniels - Les séries de Pascal Bernheim

James Comey (Jeff Daniels) / Showtime

Loyauté

Après une semaine d’enquête la conclusion sera la même que la première fois, mais au final Clinton perdra l’élection présidentielle face à Trump. James Comey sera accusé d’être responsable de cette défaite. On peut d’ailleurs penser que le rôle supposé du directeur du FBI dans la défaite d’Hillary Clinton va décider Donald Trump à garder James Comey à la tête du Bureau. Le président américain multipliera les rendez-vous entre quatre-z-yeux avec Comey pour extorquer une promesse de loyauté absolue et tenter de l’influencer à partir du moment où le Bureau ouvre une autre enquête, sur les liens éventuels entre l’équipe de campagne de l’ex-candidat républicain et la Russie. On comprend vite que les jours de James Comey à la tête du FBI sont comptés. Il sera viré avec effet immédiat le 9 mai 2017.

The Comey Rule - Jeff Daniels et Brendan Gleeson - Les séries de Pascal Bernheim

James Comey et Donald Trump (Jeff Daniels et Brendan Gleeson) / Showtime

Fiction

Si on perçoit clairement l’intérêt historique et politique du propos, y a-t-il de quoi en faire une série qui nous retient ? Oui ! Le showrunner, Billy Ray, a choisi le style classique et efficace bien connu des amateur·trice·s de films et de séries politiques américaines. Avec la complicité d’une distribution en béton, à savoir, entre autres, Jeff Daniels qui joue James Comey, Holly Hunter dans le rôle de Sally Yates, Procureure générale adjointe des États-Unis, ou encore Michael Kelly dans celui d’Andrew McCabe, d’abord vice-directeur du FBI puis directeur par intérim après le limogeage de James Comey, sans oublier évidemment l’acteur irlandais Brendan Gleeson qui avec une justesse éclatante et une économie qui force le respect, réussit à incarner Donald Trump en s’arrêtant toujours à la limite de la caricature d’un type qui en est déjà une en soi. Ajoutons la caméra, comme un scalpel qui décortique le fonctionnement des enquêtes et du « système » Trump, on ne s’ennuie pas une seconde et se replonger dans le chaudron maléfique des élections de 2016 est un apéritif bienvenu au cloaque pestilentiel de celles de 2020.

The Comey Rule - Holly Hunter - Les séries de Pascal Bernheim

Sally Yates (Holly Hunter) / Showtime

America First

On sera peut-être agacé – comme je l’ai été – par le côté « hagiographie à l’américaine » avec force violons en cascades de la série. D’abord en faisant de James Comey une figure emblématique du saint boy-scout qui n’a pas plus connu de faux pas que de pet de travers, ensuite en surchargeant le dialogue des « gentils » de déclarations grandiloquentes qui prônent une foi indéfectible en l’Amérique et ses institutions, qui ont été, sont et seront pour l’éternité garantes de la justice et de l’équilibre. Quel que soit le vieillard blanc, bouffon maléfique ou pas, qui dirige le pays.

Voir les bandes-annonces

Sur Canal+ (VF et VOSTFR), quatre épisodes.

Les bonus

Littérature - Geneviève Bridel

Brit Bennett
L’autre moitié de soi
Autrement

Brit Bennett - L'autre moitié de soi - Autrement

À Mallard, en Louisiane, les habitants Noirs s’échinent depuis un siècle à “éclaircir” leur couleur de peau par des mariages métissés. Là-bas, quatorze ans après leur fugue, l’une des deux jumelles qui s’étaient enfuies réapparaît. Pourquoi est-elle revenue avec sa fille dans cette communauté qu’elle a toujours voulu fuir? Retrouvera-t-elle sa sœur, disparue sans laisser de trace pour mener une vie de Blanche?

Brit Bennett revient avec un livre puissant qui dit la difficulté à devenir soi dans une société qui assigne un rôle et un statut. Une intrigue forte, une peinture subtile de la filiation, au confluent des rapports de classe et de race.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Karine Lalechère

Philosophie - Anne Laure Gannac

Michael J. Sandel
La Tyrannie du mérite
Albin Michel

Michael J. Sandel - La Tyrannie du mérite - Albin Michel

Nous vivons une époque dangereuse pour la démocratie, une époque qui creuse les écarts entre gagnants et perdants.

En cause, l’idéal de la méritocratie qui, généralement associé au fonctionnement régulier des institutions démocratiques, à l’autonomie et à la liberté des citoyens, et à une certaine forme de justice sociale, apparaît fondamentalement vicié et in fine inégalitaire, conduisant les sociétés occidentales à une véritable « tyrannie du mérite ». La conséquence est un mélange de colère et de frustration qui a alimenté les protestations populistes et la polarisation extrême – le Brexit au Royaume-Uni, comme l’élection de Donald Trump aux États-Unis, était un verdict sans appel, qui traduit les inquiétudes, les frustrations et l’exaspération suscitées par des décennies d’inégalité croissante, et une mondialisation qui ne profite qu’aux élites tout en donnant aux citoyens ordinaires le sentiment d’être démunis.
Face aux écueils d’une méritocratie qui engendre excès d’orgueil et humiliation, Michael J. Sandel rappelle qu’il est plus que jamais nécessaire de revoir notre position vis-à-vis du succès et de l’échec, en prenant davantage en compte la part de chance qui intervient dans toutes les affaires humaines et en prônant une éthique de l’humilité plus favorable au bien commun.
Après l’immense succès de Justice, Michael J. Sandel, professeur renommé de philosophie politique à l’Université de Harvard, examine avec force les maux et les nouveaux défis auxquels se trouvent confrontées nos sociétés actuelles.